Projet ITER

Situé à Cadarache, au nord d'Aix-en-Provence, le projet ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) est né de la volonté de démontrer la faisabilité scientifique et technique de l’énergie de fusion (créer de l’énergie à partir de la fusion de 2 atomes). Le bâtiment principal est destiné à abriter le plus grand réacteur tokamak au monde, cylindre de 28 mètres de diamètre, 29 mètres de haut et pesant pas moins de 23 000 tonnes. Avec les 2 bâtiments annexes qui lui sont accolés, il constituera une structure en béton armé de 120 mètres de long sur 80 mètres de large et 80 mètres de haut. Les autres bâtiments annexes comprennent le bâtiment d'assemblage, un immeuble de 2 niveaux et divers bâtiments de type industriel. Le marché comprend également des portes nucléaires de grandes dimensions (d'une taille de 4 x 4 m et d'un poids de 40 tonnes), anti-radiations et résistantes aux surpressions.

 

CONTEXTE

Disposerons-nous un jour d’une source d’énergie inépuisable ? Telle est la question que se posent constamment les chercheurs du projet ITER. C’est pour répondre à cette question que des personnes du monde entier se sont associées. Pour étudier la possibilité de maîtriser la fusion énergétique reproduisant la réaction qui embrase les étoiles, l’Europe, la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, le Japon, la Russie et les États-Unis ont décidé de s’unir pour construire un réacteur expérimental. Celui-ci a pour objectif de démontrer que la fusion de 2 variétés d’hydrogène (deutérium et tritium) dans un réacteur tokamak (confinement des particules qui est assuré par la combinaison de 2 champs magnétiques) peut devenir une source d’énergie exploitable et produire de l’électricité. Partant de cette base, ITER a pour ambition de produire 10 fois plus d’énergie qu’il n’en faut pour déclencher la réaction de fusion nucléaire. Précisément, pour 50 mégawatts électriques consommés, il devra restituer 500 MW thermiques.

TECHNIQUE

Afin de pouvoir disposer des infrastructures nécessaires à la naissance de ce projet, le futur complexe représente une charge de 360 000 tonnes, dont 23 000 tonnes pour le tokamak. Haut de 80 mètres, large de 80 mètres et long de 120 mètres, l’édifice comprendra 3 bâtiments : le tokamak proprement dit, le système de diagnostics et de pilotage, et l’installation Tritium qui servira à produire le plasma qui alimentera le réacteur. Pas moins de 16 000 tonnes de ferraillage, 150 000 m³ de béton et 7 500 tonnes de métal seront utilisées pour créer la structure des bâtiments.
Pour cela, nous avons creusé dans le sol une fosse d’isolation sismique de 126 mètres de long, 86 mètres de large et 15 mètres de profondeur. Cette fosse a pour objectif de permettre la construction d’un premier radier et des murs de soutènement. Sur ce radier ont été positionnés 493 piliers en béton, chacun surmonté d’un plot parasismique et capable d’absorber des déplacements latéraux de 10 centimètres permettant ainsi d’endiguer les mouvements du sol en cas d’événements sismiques. Sur ces plots, un second radier a également été réalisé, qui forme en quelque sorte le plancher du complexe tokamak.
Une fois les travaux du radier du tokamak fini, nous nous sommes consacrés à la réalisation des murs inférieurs et aux premières élévations.
Une fois ces opérations de génie civil terminées, la dernière étape consistera en l’assemblage de la machinerie, qui comptera un million d’éléments de haute technologie en provenance du monde entier.

Chantier exceptionnel par sa taille et sa complexité, le génie civil du futur réacteur de fusion thermonucléaire ITER mobilise tout le panel de compétences d’une dizaine d’entreprises de VINCI, depuis les fondations antisismiques et le management de projet, jusqu’à l’ingénierie béton et la mécanique des portes monumentales.

IMPACT

Le programme a été conçu pour démontrer la faisabilité scientifique et technique de l’énergie de fusion. La recherche sur la fusion vise à développer une source d’énergie sûre, inépuisable et respectueuse de l’environnement. ITER en latin signifie le « chemin », la « voie » et constitue en cela un espoir scientifique et technique qui nous permettrait d’avoir accès à une source d’énergie illimitée. D’ailleurs, pour Geneviève Fioraso (Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche), ce projet est un défi permanent dont l’objectif est de « fournir de l’électricité à chacun en 2050 ».
Ce projet se démarque aussi par sa prouesse technique en ce qu’il constitue la plus grande installation expérimentale de fusion jamais construite.
Au-delà de ces visées scientifique et technique, cette expérience a des impacts directs et indirects sur la région de Cadarache. En effet, 3 000 emplois indirects seront générés par la construction sur 10 ans, et 3 250 emplois indirects pendant les 20 ans d’exploitation (dont les 3/4 environ en région PACA).
Enfin, ITER est pour VINCI Construction Grands Projets l’occasion de renforcer significativement sa présence dans l’avant-garde nucléaire.

Experts du projet

Maître d’ouvrage
F4E (Fusion for Energy)

Maître d’œuvre
ENGAGE (EGIS, Atkins, Assystem, Empresarios Agrupados)

Chiffres clés

Dates d’exécution
mai 2013 à 2021  

Poids du tokamak
23 000 t

Béton
150 000 m3

Témoignage

« La construction du réacteur expérimental à fusion nucléaire ITER de Cadarache (sud de la France) est l’un des projets les plus ambitieux au monde, sinon le plus ambitieux en termes de coopération internationale. »

José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne

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