Station de traitement d’eaux usées et collecteur d’amenée

L'autorité nationale de l'Eau et des équipements sanitaires nous a mandatés pour construire une station de traitement des eaux usées d'une capacité de 50 000 m3/jour à Sana'a au Yémen. Situé au nord de la capitale yéménite, à côté de l’aéroport international El Rahaba l’ouvrage comprend : la construction d’une canalisation enterrée d'arrivée des effluents de 6 kilomètres de long et de diamètre variant de 1 200 à 1 500 millimètres en fibre de verre, le génie civil de la station d'épuration, la construction d’un lagon de stockage des eaux traitées destinées à l'irrigation, de 200 000 m3 et la réalisation d’environ 3 kilomètres de canalisations diverses de diamètre 80 à 1 500 millimètres, en fonte ou en fibre de verre. Cette station d'épuration comprend également un atelier, un bâtiment de secours électrique (4 MW), ainsi qu’un bâtiment administratif.

CONTEXTE

Ce projet était attendu depuis longtemps. La conduite des eaux usées en provenance de la ville était déjà posée depuis 10 ans et se déversait dans un cours d’eau près de l’aéroport. Compte tenu du climat désertique du Yémen, et du stress hydrique, les eaux usées du wadi étaient utilisées pour l’agriculture. Cependant ces eaux n’étaient pas traitées (et donc son utilisation non recommandée). De plus, la population et la ville de Sana’a n’ont cessé de croître. Cette ville pourtant de 20 000 habitants en 1911 est passée à plus de 2 millions d’habitants en 2010. Le traitement des eaux usées est devenu un enjeu majeur de santé publique. Un projet a alors été conçu par le bureau d’études Howard Humphreys, et un appel d’offres international a été lancé.

TECHNIQUE

Les effluents arrivent à la station par gravité de la ville. Ils sont remontés par une station de relevage à 4 vis d’Archimède. Après être passés dans 2 dessableurs, ils vont dans 8 bassins d’aération. L’arrivée et le départ de l’eau dans chaque bassin se fait par des ouvertures hautes à chaque extrémité du bassin et contrôlés par des vannes murales et déversoirs motorisés. L’eau est collectée dans un caniveau commun à tous les bassins, d’où partent 2 conduites alimentant les chambres de distribution des décanteurs. 8 décanteurs collectent l’eau clarifiée et une cunette reçoit l’eau boueuse. Les décanteurs sont équipés d’un pont tournant métallique auquel sont suspendus des racleurs. Un bâtiment de chloration (30 x 22 m) injecte du chlore gazeux pour désinfecter l’eau dans l’effluent clarifié circulant dans un bassin enterré, avant d’être déversé dans la lagune. La lagune d’une capacité de 210 000 m3 est composé de digues en remblai de 5 mètres de haut et, est recouverte de membranes polyéthylène. Cette eau une fois traitée devient convenable à l’irrigation. Le surplus peut alors être rejeté dans le cours d’eau sans danger.
4 épaississeurs de 18 mètres de diamètre reçoivent l’eau boueuse provenant des décanteurs et bassins d’aération , la traitent, et la retournent dans la station de relevage, tandis que l’autre partie en fond est aspirée par 5 pompes à boue qui la rejettent sur 20 lits de séchage. Ces lits de séchage (bassins de 27 x 555 m) recueillent l’eau de percolation des boues. Après séchage au soleil, les boues séchées, au-dessus des couches drainantes sont récupérées et mises en dépôt.
Les conduites entre ouvrages sont toutes enterrées. Elles sont en fonte entourées de manchette polyéthylène. Le projet a été organisé pour pouvoir effectuer la plupart des fonctions nécessaires à sa réalisation. La majorité des travaux a été réalisée en travaux propres par le groupement (Degrémont pour le process).

Dans la période des 30 mois de délai contractuel, nous nous sommes donnés comme objectif de terminer les travaux en 24 mois pour faire face aux retards probables dus aux difficultés d’approvisionnement au Yémen. Grâce à cet objectif nous avons pu livrer à temps.

IMPACT

À l’échelle mondiale, le traitement des eaux usées constitue le premier enjeu de santé publique. Sana’a en tant que capitale et plus grande ville du Yémen a eu besoin de ces aménagements pour faire face à son explosion démographique. Cette station d’épuration permet de traiter les eaux usées de la ville.
Aujourd’hui les eaux qui retournent dans le lit du wadi sont traitées et sont convenables pour l’irrigation, ce qui est un véritable atout pour ce pays désertique souffrant de stress hydrique. De plus, l’eau qui jadis s’écoulait dans le wadi dégageait une odeur épouvantable. Ces travaux d’assainissement ont donc permis d’améliorer le quotidien des riverains.

Experts du projet

Maître d’ouvrage
National Water and Sanitation Authority (N.W.S.A.)

Maître d’œuvre
MISR Consulting Engineers

Chiffres clés

Dates d’exécution
novembre 1997 à mai 2000

Terrassements
190 000 m3

Bétons coulés en place
22 000 m3

Tuyauteries
9 600 m

Témoignage

« Nous n’avions aucune expérience dans ce pays. Arriver au Yémen fut une incroyable découverte. C’est un magnifique pays où nous avons dû nous adapter. C’est une première pour notre groupement et pour nous. »

Eric Grasset, Directeur du projet

Réhabilitation du réseau d'eau potable

Djibouti

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