Autoroute A11

Le contournement Nord d'Angers est le « chaînon manquant » de l'autoroute A11 qui relie Paris à Nantes. Ce nouveau maillon déclaré d’utilité publique en 1998 est destiné à désengorger l’axe qui fait actuellement la liaison entre les 2 sections de l’A11 (est et ouest), de part et d’autre du centre-ville d’Angers. Ce nouveau tronçon de 14,3 kilomètres comprend : 5 échangeurs, 17 ouvrages d'art, 1 tranchée couverte de 1,7 kilomètre à 2 x 3 voies, un pont mixte sur la Maine (530 m de long et 18 m de large, à 2 x 2 voies), ainsi que des protections acoustiques correspondant à l’élargissement à 2 x 3 voies de la Rocade Nord existante.

CONTEXTE

Construite au début des années 80, l’autoroute A11, Nantes-Paris s’interrompait, de part et d’autre, aux portes d’Angers. La N23 assurait, au cœur de la ville, la continuité entre les 2 portions. L’objectif de ce nouveau projet était ainsi de délester le cœur d’Angers et de rendre à ses riverains le centre-ville, notamment la voie des berges qui longe la Maine, où le trafic était complétement saturé. Passage obligé sur la route des vacances et du trafic poids lourds sur l’autoroute A11 en direction de Nantes, la traversée d’Angers est devenue quasi-impraticable en période de pointe, tant pour ses habitants que pour les usagers. A l’issue d’une dizaine d’années de négociations, le projet du contournement Nord d’Angers a fini par obtenir l’agrément des acteurs concernés et les travaux de ce maillon manquant ont pu être commencés. C’est le 24 avril 2008, avec 4 mois d’avance sur le calendrier initial, que le prolongement de l’autoroute A11 fut achevé. Angers se contourne maintenant par le nord.

TECHNIQUE

Le trajet se compose de 2 sections très différentes : une section Est qui concentre les contraintes liées à une réalisation d’autoroute en site urbain, et une section Ouest rurale pour laquelle les préoccupations sont de nature différentes avec toutefois un point commun pour tout ce qui touche aux problèmes environnementaux. La zone est très urbanisée et a nécessité une organisation rigoureuse pour faire face aux problèmes proposés, liés à la proximité immédiate des habitations, à l’obligation de conserver les circulations locales existantes, à la présence d’une nappe, et la nécessité de pouvoir gérer tous les problèmes d’environnement (bruit, poussière, rejets). En ce qui concerne la zone Ouest, les problèmes à gérer ont essentiellement été environnementaux, avec notamment la traversée d’une Znieff longue de 5 kilomètres comprenant plusieurs stations botaniques et mares à protéger, dans les emprises du chantier, ou a proximité immédiate de celle-ci.
Dans le but de minimiser en zone urbaine, les désagréments liés au bruit et à la pollution de gaz d’échappement, une tranchée couverte de 1,7 kilomètre de long a été prévue sur le tracé à proximité de l’aérodrome d’Angers-Avrillé. De la même manière, un double tunnel recouvert de remblais sur 2 mètres de haut a été végétalisé, pour se fondre au paysage environnant.
Enfin, sur toute la durée du chantier, nous n’avons eu recours à aucun matériau d’apport pour réaliser les remblais, et nous avons réussi à réutiliser les déblais en fonction de leur qualité. Le chantier a réussi à être autosuffisant en matériaux.

En étroit partenariat avec les architectes Charles Lavigne et Bernard Lassus, toute la construction et l’aménagement paysager ont été pensés pour s’intégrer au mieux dans leur environnement. Ainsi, les écrans antibruit s’accordent harmonieusement à l’architecture générale de l’ouvrage, tout comme la forme des piles en losange, qui peut faire penser à une sculpture.

IMPACT

Ce projet est une réussite en terme de développement durable et nous avons su apporter un soin tout particulier à l’insertion de l’ensemble de l’ouvrage dans son environnement. De la même façon, l’incidence de ce projet sur l’habitat a été prise en compte. Comme en atteste la tranchée couverte qui offre aux collectivités un espace de 10 hectares à aménager, le projet comporte un traitement architectural et paysager soigné et un programme de plantations. Pour l’occasion, Cofiroute a fait appel à un architecte et à un paysagiste de renom : Charles Lavigne (pont de Normandie, pont de l’ile de Ré) pour les études architecturales, et Bernard Lassus (autoroutes A28 et A85), pour l’aménagement paysager. Grâce à leurs contributions respectives, en matière d’asymétrie et notamment de modelé des terrains, la nouvelle infrastructure a su répondre aux aspirations des riverains et des usagers.
L’A11 Angers a été conçue conformément aux normes de sécurité et à la règlementation française. De même, ses concepteurs ont anticipé la future règlementation européenne, qui prévoit pour toute section souterraine des « niches de sécurité » tous les 150 mètres. Ainsi, cette nouvelle portion permet d’offrir à ses usagers comme pour les riverains un confort aussi bien visuel que sécuritaire.

Experts du projet

Maître d’ouvrage
Cofiroute

Maître d’œuvre
Socaso – Scao

Chiffres clés

Dates d’exécution
juin 2004 à avril 2008   

Terrassements
Décapage : 210 000 m3
Remblais : 250 000 m3

Chaussées
Grave Bitume : 130 000 t
Béton Bitumineux : 58 000 t
Grave non Traitée : 60 000 t

Témoignage

« Nous avons mis en place, des réunions dans les communes dans le but d’intégrer les améliorations demandées par les populations concernées. Ainsi, une tranchée couverte a été rallongée, et des protections acoustiques ont été ajoutées. Process encore rare, qui nous a valu l’adhésion des riverains. »

Marianne Sénéchal, chargée de projets interurbains, Cofiroute

Autoroute A28

Écommoy - Tours

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