Viaduc de la Grande Ravine

VINCI Construction Grands Projets a été sollicité par la région de La Réunion pour construire le Viaduc de la Grande Ravine. Ce viaduc fait partie des 4 ouvrages d'art exceptionnels réalisés dans le cadre de la construction à flanc de montagne de la route des Tamarins (2 x 2 voies sur la côte ouest). D'une longueur de 32 kilomètres et reliant Saint-Paul à l'Étang-Salé, cette nouvelle route permet de suppléer la RN1 totalement saturée. Plus précisément, notre lot comprend la construction d’un viaduc long de 288 mètres et large de 20 mètres, situé au centre du tracé de la route des Tamarins. Il permet de franchir la Grande Ravine, large de 300 mètres et profonde de 170 mètres. Commencé en 2006, l’ouvrage a été achevé en 2009.

CONTEXTE

Resserrée entre la mer et des falaises vertigineuses hautes de plus de 100 mètres à certains endroits, la RN1 (axe à 2 voies, reliant Saint-Paul à l’Étang-Salé sur la côte ouest) était la route la plus touristique, mais aussi la plus saturée. Cette nationale était congestionnée depuis des années en raison du développement de la circulation. Cette situation a conduit les autorités à entreprendre la construction d’une nouvelle route à 2 x 2 voies, parallèle à cet axe, baptisée Route des Tamarins. Construite à flanc de montagne, la nouvelle route à pour particularité de franchir de nombreuses ravines (failles aux versants abrupts). Cette route comporte ainsi de nombreux ouvrages exceptionnels mais le plus exceptionnel, par sa technique notamment, concerne notre lot : le Viaduc de la Grande Ravine, un viaduc sans appuis intermédiaires, conçu pour subir de fortes contraintes environnementales, géotechniques et climatologiques (cyclones). Il a été inauguré le 6 mai 2009.

TECHNIQUE

Le choix architectural et technique de cet ouvrage a été dicté tant par la nature des terrains (flancs très pentus interdisant des piles dans la ravine), que par des raisons environnementales (faune et flore protégées). Ces contraintes nous ont conduits à concevoir un ouvrage hors du commun. Le design s’est orienté vers un tablier léger et sobre, semblable à une fine lame supportée par 2 bras sortant des flancs de la ravine : les bracons. C’est ainsi qu’a été imaginé un viaduc constitué d’un tablier métallique à dalle orthotrope, porté par 2 bracons en béton précontraint haute performance inclinés de 20° par rapport à l’horizontale. Le tablier est entièrement métallique d’une hauteur constante de 4 mètres, large de 20 mètres et long de 288 mètres. Il est supporté par des appuis rotules en tête des bracons et par des appuis glissants sur les culées. Par conséquent, une grande partie des efforts subis par le tablier sont reportés par précontrainte dans les culées monumentales, qui en font un ouvrage particulier se définissant comme un pont avec effet d’arc limité et contrôlé.
Le tablier a été mis en place par lançage depuis les 2 rives de la ravine. Les bracons, eux, furent construits par encorbellements successifs, et tenus en tête par des tirants provisoires au cours du lançage du tablier par demi-longueur sur chaque rive. Ils ont ensuite été encastrés en pied sur des culées-contrepoids enterrées, et tenus en tête par des tirants constitués de câbles de précontrainte qui couraient à l’intérieur du tablier. Chaque culée a été fondée sur une semelle superficielle à l’arrière sous le contrepoids, et sur un puits de fondation à l’avant.
Enfin, l’ouvrage a été soumis également à des contraintes climatiques : il a été étudié pour résister à des vents cycloniques pouvant atteindre 270 km/h en pointe. L’étude des effets du vent a fait l’objet d’essais sur des maquettes du pont en soufflerie. C’est pourquoi, le tablier est équipé d’anémomètres, de capteurs de pression et d’accéléromètres pour un suivi grandeur réelle du comportement au vent de l’ouvrage.

 La présence sur le site d’espèces d’oiseaux protégées comme le puffin de Baillon ou encore le pétrel de Barau a interdit toute solution d’ouvrage haubané ou suspendu.

IMPACT

De par son environnement exceptionnel et sa conception unique, le Viaduc de Grande Ravine a été un challenge technique permanent, depuis le début des études jusqu’à la fin des travaux. Il a fait appel à une grande variété de techniques de construction.
Long de 288 mètres, il constitue une prouesse technique, puisqu’il réunit à très haute altitude 2 pitons rocheux, et permet de franchir la brèche de la Grande Ravine, une faille aux dimensions exceptionnelles, larges de près de 300 mètres et de 170 mètres de profondeur.
Pour la réalisation de cet ouvrage, le groupement a d’ailleurs fait appel aux techniques les plus pointues d’ingénierie : soutènements de grande hauteur, fondations profondes, précontraintes intérieures et extérieures, utilisation de béton à haute performance, construction des bracons par encorbellements successifs, tablier métallique avec des aciers à très haute limite élastique assemblés et mis en place par lancement, suivi des phases sensibles de construction par des capteurs électroniques de déformation et de pression.
Au delà de ses prouesses architecturales et techniques, ce viaduc s’inscrit dans un projet plus large qui permet de décongestionner le trafic autoroutier sur l’île de La Réunion et crée un nouvel axe reliant Saint-Paul à l’Étan-Salé.

Experts du projet

Maître d’ouvrage
Région Réunion

Maître d’œuvre
Setec TPI

Chiffres clés

Dates d’exécution
avril 2006 à juin 2009  

Béton
12 830 m3

Coffrages
14 130 m3

Acier de précontrainte
57 560 kg

 

Témoignage

« Le chantier est à une altitude de 250 mètres et offre une vue imprenable sur l‘océan. C’est un lieu de nature sauvage difficile d’accès. Les installations de chantier ont donc dû être alimentées en électricité par groupe électrogène et en eau par citernes et bâches. »

Jean-Luc Labarrière, Directeur du chantier

Nouvelle Route du Littoral

Saint-Denis-La Grande Chaloupe

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